
Galliano est un créateur fou et libre, il vient une nouvelle fois de défroquer le monde policé de la Haute Couture, avec sa dernière collection Haute Couture Eté 06, en brisant l'image niaiseuse ambiante du XVIII ième siècle. Oubliés les moutons blancs glamours de Marie Antoinette vus par Sofia Coppola, et les fêtes libertines toutes habillées par Dom Lagarfeld. John Galliano va aux racines du libertinage : L'oeuvre du Marquis de Sade.

Il n'y a pas que de la dentelle et des effluves glamour de cyprine chez le Divin Marquis, il y a surtout le sang, la violence et le rapport au sacré. Galliano a sublimé ces trois éléments, en les interprètant. Adieu les Courtisanes à la mode Lady Di, Vive les Succubes assoiffées de sang, les vampires contemporains, qui n'ont plus peur du crucifix (vive le syncrétisme), à tel point qu’elles le transforment en accessoire, parjure suprême...

Le XVIII ième ensanglanté n'est pas qu'une audace conceptuelle, elle est une expérience unique de haute couture. Les Succubes hypnotisées de Galliano jouent avec des corsets déchirés, de la mousseline et voile rouges, corset scandale, broderie tache de sang, laquage de peinture, des broderies têtes de mort... La provocation, la mise en scène théâtrale n'ont plus de limites, nous plongeons avec délice dans les caves du Divin Marquis où la fête Dionysiaque bat son plein, avec pour fond sonore une histoire comptée par Madonna et le thème remixé de Batman Begins !
Dionysos Galliano, cela sonne pas mal, inventerait-il la synthèse entre Sade et Nietzsche ?

John n'est pas qu'un moraliste du péché, il sait aussi être en provocateur politique...en jouant du tatouage, avec ces politiquement incorrects 1789 tatoués sur les gorges fraîchement mordues, de nos succubes. Mon Dieu, John vient de voler en un défilé, la vertu du clergé, des socialites et des sans culotte, quel génie !
On sonnait le tocsin du Trash et le triomphe du Luxe Marketing, très républicain. John Galliano nous démontre que le Trash peut-être artistique, créatif et érudit...J'adore Dior !
(Photos : Vogue.fr)



















