Christian Wijnants, le surdoué engagé
Il vient de recevoir, à 29 ans, le Swiss Textile Award 2005, pour sa collection "ethno".
Pas étonnant pour ce jeune premier au parcours irréprochable: Académie Royale, tutelle de Dries Van Noten, prix du Festival d’Hyères en 2001, première collection en 2003…et "couronnement" cette année.
Que lui vaut donc tous ces succès?
Du réalisme et de l’altruisme. Il propose "une mode accessible, portable dans laquelle les femmes se sentent plus féminines et plus heureuses."
Du romantisme et des inspirations multiples qu’il confronte. Ses collections sont lumineuses et aériennes, marquées par des impressions de voyages, notamment en Afrique du Sud et au Lesotho. Ce côté ethnique, très apprécié par son mentor Dries Van Noten, s’oppose à des silhouettes nostalgiques. Ses inspirations? L’esprit 70′s, l’Art Déco, ou encore la garde robe portée par sa mère alors qu’il était encore enfant.
Et enfin, de l’Engagement. Il met sa créativité au service de l’association caritative "Les Petits Riens" en retravaillant des pièces usagées, lesquelles sont revendues aux enchères.
Natalia Brilli, la joaillière scénographe
Elle a lancé, il y 2 ans, sa propre ligne d’accessoires en cuir.
Le parcours de cette jeune créatrice belge de 35 ans est atypique. Carrière de scènographe en vue, via la Cambre ( Ecole Nationale Supèrieure des Arts Visuels de Bruxelles), elle enchaîne pourtant les collaborations depuis 2003, avec Xavier Delcour, et a ensuite intégré la Maison Rochas.
Son univers est burlesque: ses accessoires sont "théatralisés" ( son talent de costumière s’affirme), détournés avec humour….noir.
Elle réinterprète les repères d’un vestiaire féminin de façon surréaliste.
Le sautoir prend des allures surdimensionnées, les perles sont gainées de cuir.
Les camées, recouverts de cuir noir deviennent d’inquiétants trompe l’oeil.
Entre douceur et rigueur des matières, cette véritable joaillière couturière transforme le bijou traditionnel en objet fétiche trouvant sa place dans les cabinets de curiosité.
Kris Van Assche, le Hedi belge
Installé à Paris, son diplôme de l’ Académie Royale en poche, Kris Van Assche fait ses premières armes chez Yves Saint Laurent puis chez Dior avec Hedi Slimane qu’il suivra pendant six ans.
En 2004, à l’âge de 28 ans, il présente sa première collection pendant la semaine des défilés. Aujourd’hui, il oeuvre dans une ancienne fabrique de jouets du 17ème siècle, dans le Marais.
"J’ai beaucoup de mal à savourer le moment présent. J’ai toujours eu des difficultés àprendre plaisir aux rêves. Je ne crois que ce que je vois."
Formé à L’Ecole du Réalisme et de la tradition textile, il dessine une collection "facile à porter", confontant le minimalisme et l’élégance des coupes à la nonchalance du streetwear. "Les quatre pièces, c’est un clin d’oeil à la tradition tailleur. C’est une version alternative, plus contemporaine, qui part du pantalon baggy pour remonter vers le veste qui va avec."
Ses inspirations? Le côté icône bad boy de Pharell William, l’élégance vintage de Bruce Springsteen, le romantisme macho d’un latino,…
Le Créateur rend hommage à une masculinité poétique et rebelle, certes, mais surtout authentique. Des sexagénaires ont d’ailleurs trouvé leur place dans son défilé, cet hiver.
Olivier Theyskens, star des défilés
La fièvre créative a atteint très tôt ce jeune prodige de la mode d’origine bruxelloise. A l’âge de 20ans, il lance sa première collection, quittant spontanément l’Ecole Nationale des Arts Visuels de la Cambre.
Ses collections spectaculaires, 9 à ce jour, lui ont permis d’acquérir rapidement, grâce au soutien de la Presse et des Acheteurs internationaux, une solide réputation de styliste et d’artiste (il participe à de nombreuses manifestations artistiques notamment l’exposition "The Belgium Fashion Designers" au musée du Fashion Institute of Technology de New York).
En 2003, Il présente sa première collection pour la maison Rochas
"Cette envie d’esthétique, à mon arrivée chez Rochas, était pour moi un feeling contemporain. Je pense que la beauté est ce à quoi chaque créateur aspire."
Olivier Theyskens célébre une féminité classique, élégante et gracieuse. Véritable architecte, il sublime la femme par des modèles à la silhouette longue, par des matières légères et délicates.
Ses inspirations? Elégances Parisienne Fin de Siècle, Ornementation et Préciosité de l’Art Nouveau, Palette Romantique de Claude Monet,…
Bon écolier, il puise dans les archives des Grandes Maisons, explore le Savoir Couture et ses Classiques (l’intemporalité des créations Yves Saint Laurent, le flou de Gabrielle Chanel).
Il joue avec les codes inventés par Marcel Rochas ( la dentelle Chantilly, la Rose, la distinction des robes du soir, la sobriété des tailleurs) en y ajoutant la modernité de nouveaux volumes.
Le jeune esthète nous plonge dans un imaginaire précieux, bourgeois et enchanteur mettant en scène les héroïnes romantiques de la Belle Epoque, les élégantes 1900 de Lartigues.
Martin Margiela, le dadaïste humble
Issu du fameux "groupe des six d’Anvers" de l’Académie Royale, Martin Margiela, 47 ans, est le designer le plus secret de la planète mode. Après avoir fait ses armes chez Jean Paul Gaultier (1984-88), il fonde la "Maison Martin Margiela". En 1997, il prend la tête de la création femme chez Hermès.
La première boutique Margiela ouvre ses portes à Tokyo en 2000. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des designers les plus visionnaire de ce siècle.
Plus qu’un créateur avant-gardiste, Martin Margiela est un Artiste ( il expose dans de nombreux musées notamment au Victoria & Albert Museum à Londres en 2001.. ). Doté d’une créativité sans limite, ce dadaïste de la Couture remodèle, repeint les objets qu’il a trouvé, mélange, superpose, travaille à l’infini les matières pour donner naissance à des collections totalement déconstruites.
Les jupes arborent des doubles longueurs. Le Blanc est détourné, claqué, pâli, vieilli comme un sculpteur se sert du plâtre, un peintre de sa toile.
Le vêtement devient une seconde peau, trait de personnalité pour celui qui le revêt.
Martin Margiela aime rompre avec les codes mais dans un total respect de l’authencité, de cette notion de "work in progress" si chère au Couturier (cf. sa ligne artisanale).
Humilité ou agoraphobie: l’artiste fuit les médias, se cache derrière le rideau pour laisser place à son oeuvre et à son point de vue.
Un point de vue qu’il a exposé lors de son dernier défilé en présentant une féminité libre mais affirmant sa fragilité.
Dries Van Noten, le puriste
Ce fashion designer belge de 48 ans, diplômé de l’Académie d’Anvers en 1981, fait parti de cette première vague de créateurs connue sous le nom "groupe des six d’Anvers" (Ann Demeulemeester, Raf Simons, Dirk Bikkembergs, Martin Margiela, Walter Van Beirendonck).
En 1991, il se démarque avec un défilé à Paris, dans le cadre de la fashion week. 1993 est l’année de sa consécration: sa collection femme sur "podium" connaît un franc succès, et deux show room sont ouverts conjointement à Paris et à Milan.
A l’origine de la hype anversoise, Dries Van Noten ne cesse depuis de surprendre la presse et ses confères de la mode, avec des créations parfaites et déconcertantes.
"Je suis fasciné par ce qui peut déranger, un certain mauvais goût que je me met au défi de détourner."
Dries aime créer la tension: il téléscope les genres (masculin/ féminin), les imprimés ethniques, les époques.
Ses héroïnes sont romantiques et voyageuses, explorant les contrées de l’est, les traditions nippones,…
Chez l’homme, il imagine une atmosphère hybride: ambiance corrida et patriotisme belge au rendez vous.
Avant gardiste Dries? Oui, sans contest mais surtout puriste de la mode (il refuse de faire des campagnes presse), perfectionniste (il est issu d’une famille de tailleurs): cet amoureux de la matière crée avant tout des collections au luxe authentique et inspiré, qui perpétuent une tradition textile séculaire.
Pour commencer notre semaine belge, une interview de l’excellent portail culturel francophone Ze Woc, à travers l’une de ses plus belles plumes, la Nothombesque Marissou!!!
Darkplanneur: ‘Peux-tu nous définir le concept de Belgitude?’
Marie: ‘La Belgitude est un état d’esprit assez difficile à décrire. C’est une attitude propre aux Belges, mais ce n’est pas non plus une exclusivité ou une marque déposée…On peut faire preuve de Belgitude sans être Belge, et tous les Belges ne sont pas empreints de Belgitude.. Mais c’est vrai que la Belgique est un microcosme assez particulier avec un sens de l’humour, de la tradition et de la fête qui lui est propre.’
DP: ‘Peux tu nous expliquer le deuxième degré belge?’
Marie:’Le deuxième degré n’a pas été inventé par les Belges, ce serait bien prétentieux d’affirmer le contraire. En revanche, il existe un deuxième degré propre à l’humour belge. Les autres francophones n’y ont d’ailleurs pas toujours accès, ou le comprennent mal. Cette sorte d’ironie corrosive est bien présente dans C’est arrivé près de chez vous. Ce film devenu culte a été haï par certains.’
DP:’Le dynamisme créatif belge est très fort actuellement, pourquoi?’
Marie:’Je pense qu’il l’a toujours été, mais qu’il est mieux reconnu et médiatisé qu’auparavant. Maintenant c’est branché d’être un Belge en France par exemple. On ne rit plus du Belge à l’accent bruxellois, on l’invite sur les plateaux télé. Le Belge est devenu rentable.’
DP:’Quels sont pour toi les créateurs clés en Belgique ( mode, art..)?’
Marie:’On parle beaucoup du cinéma belge avec des représentants de taille comme Benoit Poelvoorde ou les frères Dardenne. Pour ma part, je pense que la création la plus représentative pour l’instant est musicale. Le rock belge se porte de mieux en mieux. Les anversois de dEUS l’ont prouvé depuis près de dix ans, ils sont rejoints par des groupes prometteurs comme Sold Out, Ghinzu, Mud Flow, Zita Swoon, Hollywood Porn Star… Annie Cordy ne sont plus les seuls ambassadeurs de la Belgique et ce n’est pas plus mal!’
L’idée de réaliser une semaine thématique dédiée à la Belgique, est venue lors de nos observations quotidiennes des tendances, en effet ces derniers mois, les références à la jeune création belge se sont multipliées, tous secteurs confondus.
Fort de notre mission de propagation des nouvelles tendances, nous vous proposons un voyage dans la Belgitude Contemporaine (la Mode, la Pub, le Design, les Blogs…), sans pour autant oublier les classiques (la Cuisine, la Bière et de bien entendu l’éternel "Féminin Belge").
Darkplanneur.com pour l’occasion s’est entouré de talents : Akanée, Myriam, Bao, Benjamin, sans oublier Thomas Mondo et le génial Ion à la direction artistique, merci à eux !
L’idée de réaliser une semaine thématique dédiée à la Belgique, est venue lors de nos observations quotidiennes des tendances, en effet ces derniers mois, les références à la jeune création belge se sont multipliées, tous secteurs confondus.
Fort de notre mission de propagation des nouvelles tendances, nous vous proposons un voyage dans la Belgitude Contemporaine (la Mode, la Pub, le Design, les Blogs…), sans pour autant oublier les classiques (la Cuisine, la Bière et de bien entendu l’éternel "Féminin Belge").
Programme de la semaine belge
- Vendredi 13 Janvier: Introduction à la semaine Belge
- Lundi 16 janvier : Les créateurs stars Belges (Mode) + interview blogueur journaliste
- Mardi 17 janvier: La jeune garde créateurs Belges (Mode)
- Mercredi 18 janvier : La Pub Belge
- Jeudi 19 janvier : La Femme Belge + Interviews Blogueurs Belges
- Vendredi 20 – Samedi 21 janvier : Design et lieux tendances Belges
- Lundi 23 janvier : La Bière Belge
- Mardi 24 janvier : La Musique Rock et Electro Belge
- Mercredi 25 janvier : Littérature et Cinéma Belge
Prenez votre place pour le Darkplanneur Thalys, ça va partir dès lundi!







































