Out le musée Grévin, trop ringard, bienvenu dans l’ère de l’expo people fashion, qui
commence avec l’exposition consacrée à Kate Moss, “The Kate Show” au Fotographie Museum
d’Amsterdam, qui s’est déroulée du 15 septembre au 14 décembre.
La mode dans les musées n’est pas un phénomène nouveau, et je suis heureuse, comme bien
d’autres, de pouvoir de cette façon découvrir l’œuvre de créateurs ou de photographes
de mode.
Je considère que la mode est une forme d’art, bien que contestée, car la mode est aussi
cette forme d’expression, voire de contestation, véhiculant une vision du monde à la
fois particulière et universelle. Et à ce titre, les créateurs de mode sont de véritables
artistes – je pense notamment à Vivienne Westwood ou Hussein Chalayan, dont le point de
vue est particulièrement fort. La liste des créateurs et artistes ayant un pied dans les
deux univers est d’ailleurs longue, d’Andy Warhol à Hedi Slimane en passant par Guy
Bourdin, David La Chapelle etc.
Une frontière si ténue que l’on voit s’affirmer une nouvelle stratégie de marque :
financer des expositions comme l’ont fait Nivéa (au Palais de Tokyo) et Benetton
(au Centre Pompidou), ou comme Balenciaga et Max Mara, exposer une rétrospective des
créations de la marque (respectivement au Musée de la Mode et du Textile à Paris et Staatliche Museen à Berlin). Une opération marketing bien entendu, mais aussi un projet permettant au grand public de découvrir le travail et l’univers d’un créateur.
Mais aujourd’hui on franchit une nouvelle étape : consacrer une exposition à une
« icône de mode » - ce que moi j’appelle une star branchouille -, projet déjà nettement
plus flat.
Après l’ode à Kate Moss via des images de grands photographes de mode comme T
erry Richardson, Mario Sorrenti ou Ines Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin à Amsterdam,
on remet le couvert à la National Gallery au printemps prochain avec l’exposition
"Visages de la mode", dont, of course, Kate Moss sera la vedette. Sans compter sur
Kylie Minogue - qui fera l’objet d’une exposition au Victoria & Albert Museum de Londres
en février prochain, explorant les différents styles de la pop star.
Bref, si pour Kylie c’est une façon comme une autre de revenir sur le devant de la scène
– c’est d’ailleurs elle-même qui finance l’exposition –, pour Kate c’est l’overdose !!!
Je me pose donc la question : Le musée est-il toujours un lieu consacré à l’Art ou est-il
devenu une extension des magazines de mode ?
















