Le mois dernier a marqué une étape importante pour l'un des fleurons de la presse féminine, le magazine Glamour a fêté son 100e numéro! Un moment charnière pour ce titre que j'aime à présenter comme le "petit compagnon des demoiselles" , car dans le portefeuille des titres du groupe Condenast France, il doit être perçu comme la petite soeur du mythique Vogue Paris, avec un ton plus jeune, plus nerveux, plus girly.. et plus vrai tout simplement. Marie Lannelongue, sa Rédactrice en Chef a bien voulu se livrer au jeu des questions - réponses avec Darkplanneur.
Glamour fête donc son n°100, qu’est-ce que cela représente ?
Un boulot monstre ! Et l’impression d’avoir 100 ans à la fin (on a souvent fait le lapsus en préparant le numéro, en parlant des «100 ans» de Glamour…)
Sérieusement, dans ce numéro 100, il y a les 100 personnes qui incarnent le glamour d’aujourd’hui. Ils ont de l’imagination, de l’énergie, du style et souvent aussi de l’humour.
Et combien en termes d’années de bouclages, de nuits tardives ?
Je crois qu’à Glamour, on n’a jamais fait de nocturne. Les choses s’organisent et chacune peut commencer sa deuxième vie en sortant du journal. Il y a un grand respect pour ça ici.
Pourquoi avoir choisi de mettre en couverture Marion Cotillard pour cet anniversaire ?
Parce qu’elle incarne le «grand glamour». En l’espace de 5 ans, elle est passée du rang d’actrice française sympathique à celui de star internationale. Et que c’est la comédienne française la plus connue au monde aujourd’hui. C’est déjà sa troisième couv de Glamour. On l’a suivie toutes ces années. Donc il y a une vraie logique à lui offrir la couv du 100 !
Pourquoi ne pas avoir fait le choix d’une couverture totalement disruptive, avec un homme par exemple (rires..) ?
On aurait pu en effet. Mais on a choisi une idée plus immédiate. L’incarnation féminine ultra glamour par une fille canon, qui a de l’allure et du talent.
Si vous deviez énumérer votre top 5 des couvs ?
Impossible de répondre. Ça dépend de quel point de vue on se place… (les chiffres de vente, la notoriété, les plus belles photos…) En tout cas, elles ont toutes quelque chose de Glamour, c’est sûr.
Que représente le titre Glamour dans notre société contemporaine (quelle serait sa mission ? Quelle est la ligne éditoriale de Glamour ?
Renseigner les filles (et les garçons aussi) sur les tendances et mouvements qui animent leur génération (20-35 ans)- Donner de bonnes impulsions. Etre un magazine toujours inspirant. Un mag qui les aide à trouver leur style, à rêver leur métier, à passer à l’action en s’inspirant de l’expérience des autres. Il y a cette dimension très forte de partage d’expérience. C’est la vie des autres et ce qu’ils tentent qui nourrit la rubrique génération glamour. Et puis, il y a, toujours présent à travers le magazine, l’idée que rien n’est grave, et qu’on peut rire de tout, et surtout de soi-même. Glamour, c’est la vie dans ses pleins et ses creux. On est glam ET pas glam, et c’est cette alternance qui nous intéresse.
Glamour est un magazine au ton jeune, comment faites vous pour garder l’ambivalence entre cible jeune et ton résolument « premium » ?
Je ne crois pas que le ton soit particulièrement «jeune». Il est écrit comme les filles parlent aujourd’hui. C’est probablement d’ailleurs l’un des féminins dont l’écriture est la plus parlée.
L’idée c’est de ne jamais prendre les lectrices pour des connes avec les marronniers de la presse. On essaie toujours d’être proches de la réalité, avec toujours ce pas de côté, ce regard décalé. Un peu comme un débrief de copines.
Comment appréhendez-vous les offres concurrentes telles que Jalouse, Cosmo…
On se situe entre tous ces magazines. Ce qui est compliqué avec Glamour, c’est que nous avons une double concurrence. La concurrence historique mensuelle plus centrée sur l’intime, les sujets perso, la vie pratique (Cosmo-Biba) et la concurrence des hebdos (plus mode et tendance). On essaie de trouver une temporalité de mensuel dans nos sujets magazine (Génération glamour notamment), un style graphique et une approche photo haut de gamme (la fameuse exigence Condé Nast) et un attrait plus immédiat pour celles qui viennent essentiellement pour la mode et les tendances (Glam pas glam/shopping/conseils beauté etc.)
Quelle est la recette pour être en couverture du Glamour ?
Il faut avoir du style et être inspirante pour les autres filles !
Quelle est la philosophie digitale du magazine ?
Glamour s’exprime sur tous les supports digitaux :
-Le site internet répond à l’hyper curiosité des filles Glamour qui ont envie d’idées pour sortir, de conseils pour acheter un maillot, de tout savoir sur le « speed bronzing » ou de nourrir leur culture digitale ou people. Chaque jour, plus d’une dizaine de rendez-vous nourrissent ce « snacking » féminin et glamour
-Le site mobile épouse les mouvements des filles Glamour puisqu’elles peuvent consulter le site sur tous les smartphones dans une ergonomie optimisée
-Facebook alimente un lien live et positif entre la rédaction et les fans extrêmement réactives
-Twitter permet d’installer un ton glamour pour suivre au quotidien l’actualité mode, people, mais aussi autour d’événements fédérateurs (twitlive d’émissions télés, des soirées Glamour, du prochain Festival Calvi on the Rocks)
Comment expliquez que le Glamour, magazine qui symbolise un ton jeune, n’ait jamais mis en avant la génération « bloggeur » (Tavi Gavinson ou encore la Garance Doré nationale ?)
Là, vous exagérez !!! Au contraire, on a été parmi les premiers mags à parler du phénomène des bloggeurs. Un gros sujets sur les baby bloggers il y a environ 4 ans, un autre sur les filles type Garance Doré (dont on aussi parlé très tôt). Dans la foulée, on avait lancé un concours de bloggeurs (bien avant tout le monde) sur des thématiques assez larges.
Pour ce 100e numéro, vous avez fait le choix du « Participatif » en invitant les 100 personnalités « coups de cœur » de la Redac, et en nous révélant les coulisses du shooting, pourquoi cette envie d’ouverture subite ?
Ce n’est pas subit. On a toujours volontiers montré comment le mag se faisait, je me souviens même d’un numéro anniversaire d’il y a quelques années où l’on répondait aux questions des lectrices sur la face cachée du mag.
Pour ce numéro 100, on a voulu vraiment jouer le côté très animé, très vivant. Et comme il est plus incarné encore que les autres, et que nous avons fait beaucoup de rencontres et de belles prods photos, c’était assez idéal. On ressent ça très bien dans les films de teasing et de making of de Frédéric Pruchon. Ils sont beaux et hyper vivants ! Pleine d’une très bonne énergie.
Quel est le futur de Glamour, les prochaines étapes ?
Développer encore plus ce côté interactif de la marque qui agit en ping pong sur le papier, le site et les réseaux.
Si vous deviez définir en un mot ces 100 numéros ?
En trois plutôt : Du style, de l’audace, de l’humour !
(Et c’est confirmé), ON A (vraiment et en ce moment plus que jamais) TOUTES BESOIN DE GLAMOUR !














