Le New Myspace, un échec couru d’avance?

 Myspace vient d'annoncer son renouveau après son rachat par Specific Media et Justin Timberlake à Newscorp....Que faut-il attendre de la nouvelle version de ce réseau social qui a obtenu une immense audience dans la première moitié des années 2000 permettant au passage la découverte de quelques artistes qui ont connu un succès important avant de voir son trafic chuter irrémédiablement(?)t avant de voir son trafic chuter irrémédiablement ? Cette marque "marquante" pour les trentenaires peut-elle réussir son come-back en s'appuyant sur ses valeurs alors que les teenagers actuels (principaux fans de musique) ne la connaissent pas...en Europe tout du moins ? Aussi, je me demande si une marque digitale de 1er plan tombée en désuétude peut renaître de ses cendres ? Et plus précisément si le New Myspace, n'est pas un échec couru d'avance ?

Le nouveau Myspace n'est pas une simple refonte de son interface. Tout le code et le design ont été repensés en partant de zéro, à base de HTML5 et de CSS3. On y découvre une nouvelle maquette inspirée de Pinterest avec une navigation latérale comme dans Windows 8. Les contenus (photos et vidéos) sont bien mis en avant et un player audio reste présent en bas de page à tout moment !

Logique puisque Myspace est avant tout une plateforme de contenus permettant aux artistes en tous genres de s'exprimer et d'intéragir avec leurs fans. Ce positionnement reste parfaitement conforme au Myspace initial qui était un réseau social permettant discussions et interactions autour de la musique...

 

Le nouveau Myspace compte se distinguer des autres réseaux sociaux à commencer par Facebook, Twitter et Google+ par ses nouvelles fonctionnalités permettant de vivre et partager des expériences musicales fortes de manière innovante. D'une part, les « mixes », constituent un nouveau type de publication combinant playlist musicale et photos. D'autre part la découverte musicale sera éditorialisée par les équipes de Myspace ou automatisée en fonction de ses connexions (et donc de ses goûts).

Les artistes auront également la possibilité de réserver du contenu à certaines de leurs connexions, leurs « top fans » par exemple, en s'appuyant sur un ciblage assez proche des cercles de Google+. Le nouveau Myspace proposera ainsi aux artistes ce que Facebook ne leur a jamais suffisamment permis : fédérer et animer des communautés de Fans mais aussi des fans de façon ciblée.

Ce renouveau de Myspace parait ambitieux et très bien réalisé d'un point de vue technique. Le design est réussi ! Et le concept même de réseautage autour de la musique est fidèle au Myspace initial tout en profitant d'avancées technologiques notables.

Toutefois, à l'ère de Facebook, superchampion des Media Sociaux fort d'une Communauté proche du milliard d'utilisateur, et d'Internet Mobile (qu'il s'agisse de smartphones ou de tablettes dont Facebook profite largement), je reste très sceptique sur l'impact du nouveau Myspace qui ne semble intégrer aucune de ces deux dimensions primordiales. Cette nouvelle refonte du plus vieux des réseaux sociaux va-t-elle lui permettre de créer un nouvel usage ? J'en doute fortement !

On l'a vu récemment avec Google+, la qualité d'un nouveau réseau social ne suffit pas à son succès. Une différenciation par rapport à Facebook (cf Tumblr entre autres) et une complémentarité avec d'autres réseaux (dont Facebook) sont nécessaires pour développer un usage pérenne grâce la recommandation entre pairs (cf Pinterest entre autres).

Si Facebook et Twitter ont été intégrés au nouveau Myspace (login, sign in et a priori partages), le nouveau Myspace ne semblent pas avoir compris l'importance de la complémentarité entre plateformes. Les discussions et interactions doivent être ouvertes pour aller à la rencontre de leur audience, se propager et développer la visibilité de la plateforme dont elles émanent. Les plateformes sociales doivent être poreuses pour profiter les unes des autres. Hormis l'environnement Youtube/Google+ dont on connait les avantages et inconvénients, toutes les plateformes de contenus (Spotify, Pinterest, Deezer, Instagram, Dailymotion etc) s'appuient désormais sur l'Open Graph de Facebook pour accroître leur audience par la viralité.

Or, Myspace semble avoir complètement fait l'impasse sur l'Open Graph permettant de maximiser l'efficacité des recommandations entre pairs et d'optimiser l'impact des relations affinitaires pour faire grossir son audience.

Par ailleurs, Myspace ne donne aucune information sur sa conception du mobile.

En 2012, un site web n'a que peu d'utilité : un service (online) doit être multicanal pour être accessible et utile à un maximum d'utilisateurs en un maximum de circonstances et notamment en mobilité pour favoriser fidélisation, récurrence et augmenter la durée de connexion. Une telle interface mériterait son pendant sur iPad a minima et outre la consultation des contenus en mobilité, les interactions et discussions auraient plus d'ampleur et de force en étant notifiées via mobile.

Myspace ne semble respecter aucune de ces conditions.

Par conséquent, sur la foi de cette vidéo teaser, je ne peux que constater la qualité intrinsèque du nouveau Myspace mais aussi redouter le faible usage qu'il va permettre de développer à l'égard de tous les fans de musique dans le monde en étant ni mobile, ni opengraphé, ni surprenant, ni addictif, ni disruptif. Aussi, pour l'heure, mon constat est simple mais triste : Myspace, cette marque digitale de 1er plan tombée en désuétude, voudrait renaître de ses cendres mais n'a pas encore mis en place les éléments constitutifs de son succès ? Aussi, en l'état, le New Myspace me semble être un échec couru d'avance...

Et vous, pensez- vous que le nouveau Myspace va renaître de ses cendres pour rencontrer un grand succès ?

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Philippe DUPUIS aka WEBENTERTAINER

E-marketer spécialiste de la Génération Y

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  • Jacques

    Je n’en ai aucune idée, mais en tant que musicien, producteur et réalisateur de clips, FB a une très mauvaise réputation pour nous. C’est un média de masse rempli d’inepties pour décérébrés, de fautes, de désinformation, et c’est très mauvais en matière d’ergonomie, et bien trop uniforme (même look pour tous, le moutonisme à l’état pur, garant de son succès). MySpace a certes perdu sa crédibilité, mais son nom reste associé à l’émergence de nombreux artistes. Il y a encore 3 ans, les tourneurs, producteurs ou organisateurs de spectacles ne demandaient que le lien MySpace d’un artiste, FB n’avait aucune crédibilité pour nous malgré son essor. Si beaucoup ont migré vers FB, c’est uniquement parce-que MySpace n’était plus que l’ombre de lui-même, et qu’il n’existait rien d’autre d’aussi visible dans le genre.

    Maintenant, étant donné le « succès » de FB auprès d’un public de plus en plus lobotomisé (preuve que les humains s’ennuient profondément, ne savent pas quoi faire avec des machines, n’ont rien à dire et préfèrent le dire virtuellement au lieu d’aller à la rencontre réelle des gens), je suis également sceptique sur le fait que MySpace parvienne à récupérer les artistes ayant migré vers ce « réseau social ». Mais du coup, cela lui donne un côté « underground » qui, sait on jamais, pourrait attirer une autre clientèle.

    Quoi qu’il en soit, en tant que musicien, on fait de la musique, tous ces outils sont intéressants pour la promotion (bien qu’on puisse vivre de la musique sans les utiliser, contrairement aux idées reçues) mais c’est très superficiel et ça reste très loin de nos préoccupations artistiques. Le Web était formidable en 1995, il l’était encore en 1999, il suit maintenant le chemin de la télévision, il y a trop de contenu moisi, trop de publicité, trop de traçage, trop de « technologies », et les 3/4 de l’humanité n’y a pas accès ou s’en contrefiche royalement (puisque nous sommes 2 milliards d’internautes).

    Des tas de gens vivent, y compris dans les sociétés de consommation, et y compris jeunes, sans même savoir ce qu’est FB et ces inepties, sans même y trouver le moindre intérêt de prêt ou de loin, et ils sont très loin d’avoir le sentiment de louper quoi que ce soit. Je viens d’en rencontrer un ce soir, ou plutôt une, puisqu’il s’agit d’une jeune chanteuse de 20 ans qui a un regard très amusé sur ces « technologies » inutiles, et qui préfère le contact humain aux machines quelles qu’elles soient. ça rassure un peu, et comme j’en croise finalement pas mal, je me dis que les nouvelles générations penseront que « FB c’est pour les vieux et les débiles, c’est ringard », et que toutes ces bêtises n’ont finalement qu’un avenir encore limité dans le temps :)

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