« Demain marque l’avènement du chaos » Darkplanneur meets André (part 2)

En conclusion de ce trip artistique dans le lower East Side, le mythique André Saraïva, ou Mr A selon les publics, a accordé une interview exclusive à Darkplanneur pour nous parler de son exposition Andrépolis, (sublime mise en abîme de ses déambulations urbaines) de son présent, de son futur, de lui en toute simplicité.

 

 Darkplanneur:    Qui est André Saraiva ?

 André Saraïva:  Je ne sais pas trop, question difficile que cette introspection..un mec qui vient d'avoir 41 ans?   

D: Comment voit-il son alter-ego médiatique  André?

AS: Ahh mais en fait plus qu'André, mon véritable alter ego serait plutôt Mr A, je suis d'abord un artiste, et je le vois comme un compagnon, un fidèle ami qui ne me trahira jamais.

D: Vous êtes Artiste, homme d’affaires,... Comment arrivez-vous à gérer   toutes ces facettes ?

 AS: Je ne vois pas de différences entre un homme d’affaires et un artiste, et je ne me vois pas non plus comme un homme d’affaires. Ca n’a jamais été mon but. J’aime faire des choses, je me donne les moyens de faire des projets et donc je m’organise pour y parvenir.

D:Qu’est-ce qui vous pousse à collaborer avec une marque ?

AS:Les projets que je fais sont d'abord pour des raisons  amicales, par amour, par passion et par esthétique. Mais ni l’argent, ni l’idée d’entrepreneur ne m’intéressent. 

D: Pourquoi avoir décidé de faire votre 1ère expo à NY, ici à The Hole ?

 AS: En fait il ne s'agit pas de ma 1ère exposition new-yorkaise, car j'avais déjà tenté des expériences dans cette ville, mais il s'agit plutôt de ma ma véritable première exposition à New York qui se passe hors des murs d’un musée et où j’expose pour la première fois un travail différent : proche de la sculpture et de l’installation, dans lequel je recrée une ville, et où je donne existence à mes dessins et mon imaginaires.

D: Que symbolise Andrépolis ?

 AS: Mes rêves d’enfant mélangés à tout ce que j’ai accumulé depuis des années, et je parle un peu de tout ce que je fais : quand je parle de mon rapport à la ville (que ce soit New York ou Paris, ou les villes comme Tokyo et d’autres en Asie), mon rapport à ce qui peut-être une ville fantasmée, où chaque immeuble a sa discothèque, sa boîte de nuit. 

D: Qu’est-ce qui vous inspire aujourd’hui ?

Plus que jamais l’Amour!

D: NY maintenant plus que Paris, est-ce un choix créatif ?

 AS:Paris restera toujours mon premier amour, mais disons que New York ouvre des horizons plus larges. C’est une ville 100 fois plus grande, mais aussi plus cosmopolite et plus ouverte sur l’art moderne/contemporain que Paris. New-York est certes plus dure, mais  dans cette ville tout est possible et surtout la ville originelle du Street-Art.

D:Vous êtes un des plus emblématiques Street Artist français, quel est aujourd’hui votre point de vue sur la discipline ?

 AS: Je suis peut-être l’un des responsables de cette tendance Street Art, post-graffiti. Aujourd’hui, la rue sert à tout et n’importe quoi : il y a des choses superbes et d’autres qui n’ont rien à voir. Mais en même temps, c’est ça la rue et c’est ce qui fait son charme, il n’y a pas de filtre et tout le monde peut venir y faire quelque chose. Mais je pense qu’il y a moins de choses qui m’intéressent aujourd’hui.

 D:On vous sent tout de même beaucoup moins excité par le Street Art aujourd’hui...

 AS: Ce qui m’excitait dans le Street Art, c’était ma relation, mon action et mon expérience avec la rue et pas celle des autres. Le graffiti en soi, est moins un résultat, mais plus la relation physique qu’a l’artiste, de celui qui fait du graff : la véritable relation, c’est l’action, pas le résultat.

D:Il y a eu un peu de controverse sur la vacuité du Street Art avec l’émergence fulgurante d’un Mr Brainwash, qu’en pensez-vous ?

AS: D'abord à travers "Exit through the gift shop", il faut comprendre que nous assistions à la plus belle oeuvre de Bansky: mr Brainwash... ce personnage mythique ou réel qui cristallise tous les fantasmes, la créativité et en même temps toute la vacuité du Street Art...mais aussi surtout et on a tendance à l'oublier, toutes les milliers d'heures enregistrées et qui n'ont pas toutes été exploitées!!

D:Avez-vous un processus de création/des gimmicks ?

AS: Bizarrement NON! Je fonctionne énormément  à l'instinct. Mais en fait tu sais tout est lié.. pour moi, l'expérience du street-art, c'est véritablement le Graffiti, c'est peindre illégalement dans la rue ...il est là le frisson! L'expérience, l'esthétique  et la vie que j'ai menées, m'ont amené à réinterpréter mon expérience de la ville à travers mon art (car le Graff a toujours été d'essence urbaine)..et les sculptures présentes dans Andrépolis ne sont que des bébés, des prolongements de mes graffs...la même histoire qui se perpétue quelques soient les supports.

D:Andrépolis c’est votre Champs Élysées/Coin de Paradis à vous ?

 AS: Ô champs élyséessss..oui absolument c'est mon rêve... la ville est importante pour moi, dans ce que je fais, dans mon art... J’aime beaucoup la campagne mais ce n’est pas vraiment l’endroit ou je me sens le plus à l’aise. La ville, c’est à la fois ma matière et mon médium, c'est elle qui m'inspire, me nourrit, m'élève, me transcende.

 D:Que penses-tu de ton évolution en tant qu’artiste ?

AS: Alors là je ne saurai te dire.. je n'ai pas assez de recul pour cela..

 D:Comment l’artiste juge-t-il aujourd’hui l’homme de presse que vous devenez ?

AS: Il ne le juge surtout pas! Il faut comprendre que ce ne sont surtout pas des activités déconnectées, mais totalement liés pour moi..Faire L'Officiel Hommes aujourd'hui tient tout autant d'une démarche esthétique et artistique pour moi, car je mets toute ma passion dans ce magazine.

 D:Tu es vu en France et dans le monde aujourd’hui comme un Trendforcaster... Que sens-tu/vois-tu émerger en termes de Tendances ?

 AS: Je pense que nous sommes arrivés à la fin d'un cycle et que demain va marquer l'avènement du chaos! Tomorrow is no future!!!J'aime cette idée de fin car elle peut aussi être synonyme de recréation perpétuelle.

 

Special Thanks à la team: André, Julianna, à Maxime Antonin,  au poto Alex, et à la complice Anne So ;-)

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