Elle
pourrait être la fille illégitime de David Cronenberg et de Rembrandt. Traitement
expressionniste d’un corps dégradé et déliquescent, Marlène Dumas arrive à
transformer ces faces morbides en chairs vivantes et transpirantes.
Sa peinture
cannibalise le regard du spectateur ainsi que la courbes froides de ses modèles
glanés parmi des photographies ou sur le papier glacé des magazines, pour mieux
les digérer. Dans cette machine à désincarner, tous les thèmes de la nature
humaine sont explorés, la mort, la sexualité, le corps, la violence, etc.
Voyeur, violeur ou complice, le spectateur participe de cette chirurgie macabre
du corps. Ses peintures fonctionnent comme des vanités glaciales reflétant un
certain corps contemporain à l’érotisme cadavérique.
Les visages nous regardent
sans nous voir, mais réussissent à déchiffrer nos douleurs. Le corps y souffre
d’un plaisir monstrueux où les organes féminins et masculins n’ont plus d’autre
fonction que celle de poignarder le spectateur. La dernière fois que l’on a pu
voir le travail de Marlene Dumas en France, c’était en 2001 au Centre Pompidou,
c’est dire si cela date. Cette fois ci, c’est le MOMA de New York qui accueille
pour sa première exposition d’envergure aux Etats-Unis, cette artiste
sulfureusement douée.
James Bort
Marlene Dumas : Measuring Your Own Grave, du 14 décembre au 16 février 2009. The International Council of The Museum of Modern Art Exhibition Gallery, sixième étage, MOMA.













