Darkplanneur vous présente la revue française « la plus intelligente » de l’année: TANK!

Ce vendredi 1er juin sera à marquer d'une pierre blanche, car il consacre l'arrivée dans nos kiosques d'un magazine, non plutôt d'une REVUE d'un genre nouveau: éclectique, éclairée, traitant du fond tout autant que de la forme, et au nom puissamment évocateur, TAN! Enfin des textes, des réflexions qui fleurent bon l'intelligence. Une revue élitiste pourrait railler certains esprits indolents? Oh oui, et on a envie de le dire, ENFIN! Enfin un peu de hauteur intellectuelle, de cogito dans  le landerneau  médiatique français. Et pour une fois, le nivellement par le haut est du fait de communicants, et ça c'est un vrai plaisir.

 

Darkplanneur n'a pas boudé son plaisir, et est allé à la rencontre du Rédacteur en Chef d'un magazine où les plumes sont des poids lourds de l'industrie de la communication: Philippe Lentschener (CEO de Mc Cann), Marc Drillech (ex CEO de Publicis Etoile), Stephane Hugon (Sociologue), Boris Solinski (chercheur en sciences de l'information)... 

Darkplanneur: Pourquoi avoir fait le pari d’un nouveau lancement de magazine ?

Olivier Breton: Par amour de l’art, de la chose imprimée, et la croyance que seul l’écrit permet à la réflexion de se figer, d’être posée, d’offrir le temps nécessaire de la distance.

D:Le format presse magazine ne se porterait pas si mal alors ?

 OB: Le format presse magazine je ne sais pas… Le format « revue », ou le format « mook » (ce condensé entre le livre et le magazine) connaît lui une certaine ferveur. Il n’y a qu’à observer le succès de XXI…. Par ailleurs ce format présente un grand avantage pour nous, celui d’accéder à un double réseau de distribution : les kiosques et les librairies. Ces points de vente sont complémentaires et nous permettent de couvrir largement le marché, ce qui est évidemment l’un de nos objectifs principaux.

D: Des communicants peuvent-ils être de bons éditeurs ?

 OB:Assurément ! Tank est conçu et réalisé par une Agence de communication éditoriale (All Contents) dans laquelle travaillent de nombreux journalistes et/ou éditeurs. Elle produit des livres, des magazines, des revues d’influence dont certaines ont vocation à toucher le grand public. Elle est de plus en plus confrontée à un mélange des genres qui n’ose pas dire son nom. La presse et l’édition peu à peu préemptent ses domaines d’expertise en s’installant sur la production de contenus corporate.

D: Que signifie le titre « Tank » ? (J’ai immédiatement pensé à « Think Tank »..) 

OB:Et bien oui il y a bien là un clin d’œil à Think Tank (d’autant qu’en back office de la  Revue, Tank et en train de construire son propre Think Tank dédié à la communication qui sera interprofessionnel et transversal). Mais il y a aussi la notion de « réservoir d’idées » qui nous a séduite. Enfin, la force de ce nom c’est qu’il reflète bien notre envie et notre volonté de repenser nos métiers et notre manière de l’exercer avec conviction et détermination.

D: Vous vous positionnez comme la « Revue de toutes les communications », cela sous-entend-il que jusqu’à présent les autres magazines ne représentaient pas l’ensemble des métiers ?

OB: A ma connaissance il n’y a rien de comparable à Tank sur le marché…. Peut-être les revues Medium de Régis Debray ou celle de Dominique Wolton, Hermès, pour lesquelles j’ai le plus grand respect mais qui sont adressées à des publics extrêmement avertis… et pour tout dire avant tout à des publics de chercheurs et d’universitaires. Leur diffusion est par nature confidentielle.

D: Comment allez-vous vous positionner dans un secteur à l’offre déjà riche avec Stratégies, CB News, Influencia...?

OB: Je crois qu’il me faut davantage insister sur la notion de revue qui n’a rien  à voir avec l’offre portée par un magazine. Stratégies et CB News sont avant tout des magazines business et traitent principalement de l’actualité du microcosme professionnel de la communication. Elles ont une mission qui leur est propre. Je me sens plus proche de la revue d’Influencia récemment accouchée.  Elle reste toutefois très éloignée du positionnement de Tank avec sa matérialisation de contenus réédités, de tendances produits au jour le jour.

D: Tank c’est quoi, un magazine, une revue... ?

OB: Tank est une revue conçue avec des codes graphiques modernes, parfois nouveaux. Elle cherche des signes qui lui sont propres. De la même façon, son rythme éditorial est multiple. En ce sens elle se démarque des revues « historiques » telles Esprit, les Temps modernes, la Règle du Jeu, etc. Beaucoup sur le marché préfèrent en fait « ranger » Tank dans la catégorie des mooks inventée par Henry Dougier, le créateur et Président des Editions Autrement (récemment rachetées par Flammarion) et repris avec plus ou moins de succès par Schnock, Hobo, Feuilleton, Crimes et châtiments, WE Demain etc…. Nous tentons d’exploiter cette catégorie en (re)conciliant le magazine et le livre, l’information chaude et l’information froide, le besoin de survol et l’envie d’approfondir….

D:Vous ambitionnez avec Tank de « casser les idées reçues et de ré-enchanter la communication »... dites nous en plus : le secteur de la communication est-il en pleine déprime ?

OB: En pleine déprime peut-être pas, mais oui la Communication se cherche. Elle est bouleversée par le digital, la globalisation, le fonctionnement en réseaux et en lobbys, les réductions budgétaires drastiques, le mélange des genres, la fin des spécialisations…Comme je vous le disais, les codes sont bouleversés et nous avons besoin de redonner du sens et de l’intelligence à nos métiers.

D: Ce premier numéro est consacré à la « Gamification ». Dites-nous pourquoi, selon vous, le jeu est le nouvel accès à la connaissance?

OB:Il n’y a là rien de bien original : le jeu a permis de ré-explorer un nombre important de stratégies de communication en faisant appel à l’entertainement, au serious game etc.  C’est l’un des moyens d’accéder à des publics qui se défient souvent de l’information ; et puis cela permet parfois de  dédramatiser, de faire adhérer, ou de former les salariés de manière décalée et renouvelée.

D: Quelle est la ligne éditoriale de Tank ?

OB: Elle est multiple, riche et curieuse. Elle est  la somme de nos expériences réunies : celles de la douzaine d’associés et de partenaires qui ont participé activement au projet et qui viennent d’horizons divers jusqu’alors jamais réunis autour d’une même table. Son projet est d’informer, faire rêver, apprendre, creuser, faire réfléchir, bref « Penser fort » !

D:Vous faites le pari d’une sortie trimestrielle, y’aura-t-il un volet digital à Tank ? Et si oui, quelle philosophie sera adoptée vis-à-vis de la version papier ?

 OB: La complémentarité web/print est centrale pour Tank, elle est organisée pour créer des bases d’informations sur les sujets mis en débat dans chaque numéro. De la même façon, nous participons à des forums et à des blogs pour nous enrichir des remarques, des contributions, des expériences des uns et des autres. Et puis nous comptons aller beaucoup plus loin en mettant littéralement « en musique » chaque numéro de Tank . Enfin nous allons développer des vidéos originales autour des interviews réalisées par la rédaction, créer des baromètres d’opinions et/ou de tendances en ligne. Bref, nous allons utiliser tous les outils de la digitalisation pour convaincre de nouveaux publics jusque là réfractaires à nos univers.

 D: Si vous deviez nous donner une seule bonne raison pour l’acheter, ce serait?

 OB:Participer à une aventure éditoriale, qui crée en avançant, qui essaie de décrypter et d’analyser pour tenter de conserver une petite longueur d’avance…

D: Pour les lecteurs de Darkplanneur, pouvez-vous déjà nous annoncer le prochain thème de Tank, ou au moins nous le pitcher ?

 OB: En deux mots, le dossier du prochain numéro sera consacré à l’éthique, la transparence, les valeurs contrastées de la communication…. Vaste sujet qui réserve bien des surprises et que nous traiterons en toute impartialité.

D: Vous avez fait le pari de l’intelligence (le magazine est captivant je dois l’avouer), mais pensez-vous que cette ambition soit soluble dans notre monde de « Fast Thinking » actuel ?

 OB:Elle n’est pas soluble, et c’est bien là tout son intérêt ! Elle propose une expérience différente, nécessaire, indispensable, primordiale…. Comme je vous le disais, la revue doit permettre à la pensée de se figer, tout en donnant à son lecteur la matière à réflexion.

 

D: Votre approche dédiée à la réflexion, à la procrastination me rappelle l’approche de Mr. J.L Servan Schreiber et de son magazine Cles : pure coïncidence ou filiation assumée ?

OB: Franchement pure coïncidence…. Ou plutôt fait de société qui fait que l’un comme l’autre nous nous inscrivons bien dans notre époque, que celle-ci en a besoin, que nous répondons à un vrai besoin.

D: Quid du modèle publicitaire de la revue ?

OB: Aujourd’hui, nous sommes sur une vente de 12 pages au numéro avec des annonceurs très variés : automobile, luxe, medias…. Le premier numéro a été plébiscité par les annonceurs et nous avons déjà des réservations pour le suivant. Il nous reste à espérer que nous dépasserons l’effet de mode que nous suscitons aujourd’hui. Et pour cela, vous pouvez compter sur nous pour nous attacher à le mériter.

 

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  • C Kerbrouck

    J’aurai vraiment aimé l’acheter, mais 14e j’ai un peu de mal pour l’instant… Je lirai du coup debout dans la librairie :/.

  • Jibounette

    Il est trouvable où sur paris ?

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