Alors que la saison 2015-2016 de l’opéra s’est officiellement lancée la semaine dernière au travers d’un bal, notre chroniqueuse Araso est allée à la rencontre d’une des danseuses étoiles les plus icôniques du moment, la divine Dorothée Gilbert pour une interview vérité sur cet univers encore si peu connu, et cette rentrée placée sous le signe de la modernité.

Araso : Je vous propose de commencer par l’actualité de cette rentrée, sous quels auspices se déroule ce début de saison ?

Dorothée Gilbert : Malheureusement je suis blessée : une élongation du mollet sans gravité, mais qui va tout de même m’empêcher de faire le premier programme de la saison. Ce sont des choses qui arrivent… D’ici quinze jours à trois semaines je devrais pouvoir reprendre les cours normalement.

A : Des projets ?

D.G. : Il va y avoir Bayadère à la fin de l’année, un ballet que je connais très bien et dans lequel je vais jouer le rôle de Nikiya. J’ai surtout eu l’habitude de faire le rôle de Gamzatti, je n’ai joué le rôle de Nikiya qu’une seule fois, cette reprise promet donc d’être très intéressant pour moi. Ensuite je partirai au Japon pour danser en Janvier tandis que nous serons en vacances avec l’Opéra, avec un petit groupe de danseurs dont Mathieu Ganio et Hervé Moreau pour une série de spectacles sur le thème de la musique et de la danse. Après nous verrons ! Mais je sais d’ores et déjà que je ferai les grands ballets classiques comme Roméo et Juliette, Gisèle… Avec plein de belles choses à faire cette saison.

A : Comment appréhendez-vous ce changement de rôle pour Bayadère ?

D.G. : Pour avoir fait l’autre rôle, j’ai vu beaucoup Nikiya danser. Il y a une sorte de bagarre à la fin du ballet entre Nikiya et Gamzatti… Comme j’ai fait beaucoup le rôle de la méchante, je connais très bien, de fait, l’autre rôle car pour pouvoir être juste, il faut connaître très bien les deux rôles. Avoir fait autant l’un des deux rôles principaux aide beaucoup pour reprendre le rôle que l’on a pas encore dansé, on l’a dans l’œil et on le connaît bien. C’est toujours très intéressant de voir les choses sous un autre angle.

A : Comment faites-vous pour nourrir vos personnages ? Il y a d’une part, la technique de la danse, mais où puisez-vous l’inspiration pour l’interprétation ?

D.G. : J’essaie de vivre les émotions directement sur scène. Les sentiments sont quelque chose de réellement ressenti, je n’essaie jamais de coller une expression sur quelque chose que je ne ressens pas, pour moi c’est la base. Ensuite, il s’agit d’aller rechercher des émotions dans sa vie, y compris des moments du quotidien, et aussi au plus profond de soi pour récupérer l’émotion et la retransmettre au moment du ballet. Je crois que le plus important est de se laisser porter sur le moment par l’histoire, par la musique, par le partenaire, de s’oublier totalement et d’être seulement le personnage. Pour y parvenir, il y a aussi tout un travail de recherche sur l’histoire pour la compréhension de la personnalité du personnage, des émotions qu’il aurait pu ressentir. Pour approfondir son jeu il faut comprendre le personnage. Toutes les héroïnes sont différentes et il intéressant de savoir comment nous aussi nous le ferions avec notre personnalité, c’est indispensable pour être vrai.

A : C’est un travail que vous faites seule ?  

D.G. : Oui. C’est fascinant. Il y a des personnages qui nous amènent plus loin que d’autres. Nikiya est un beau rôle, mais il est moins fort que Manon ou Juliette… Ces rôles correspondent à un type de ballet où l’on peut partir très loin dans l’émotion et dans les sentiments. Les histoires d’amour, surtout tragiques, amènent à chercher des sentiments au plus profond de soi, c’est ce qui est intéressant. S’oublier totalement au moment-même pour juste être le personnage est ce qu’il y a de plus gratifiant et de plus beau lorsque l’on fait ce métier. C’est ce qui me fait vibrer quand je suis sur scène : avoir l’impression de ne plus être moi.

A : A part la danse, quels sont les autres domaines qui vous nourrissent en tant qu’artiste ?    

D.G. : Tous les domaines. Pour le jeu d’acteur il est intéressant de voir des films, des pièces de théâtre, pour voir comment des individus s’approprient les sentiments d’un personnage. Les comédiens ont un peu le même métier que nous, sauf qu’ils ont une forme d’expression différente, le langage parlé. Toutes les formes d’expression sont intéressantes à regarder, même si elles sont moins directes car cela nous ouvre à des sentiments et à des émotions, comme les expositions par exemple.

 A : Et vous avez du temps à y consacrer ?

D.G. : Pas beaucoup, mais j’essaie d’y aller le plus souvent possible. Du coup j’y emmène ma fille, qui ne se débrouille pas trop mal d’ailleurs ! (Rires). Aller voir des expositions avec mon mari (le photographe James Bort, ndlr) est un réel bonheur : ayant fait les Beaux-Arts, il a connaissance incroyable et une culture très impressionnante. Nous ne prenons pas le temps de lire les légendes, il me donne des explications en direct et nous allons assez vite, ce qui nous permet de prendre notre fille avec nous et d’aller voir le weekend des expositions intéressantes.

A : Parlons de mode : il y a toujours eu cette fascination des artistes pour la figure de la danseuse classique, on pense notamment à Degas. La mode s’y intéresse particulièrement depuis quelques années. Vous êtes vous-même égérie de la marque Repetto, comment expliquez-vous cet élan d’intérêt?

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D.G. : Je pense qu’il est en grande partie lié à Black Swan, qui a remis la danse au goût du jour. C’est un film Hollywoodien et les films sur la danse sont très rares. J’ai fait le choix de ne pas voir le film, donc je n’en parlerai pas, mais il est certain qu’il a refait parler de la danse classique. Selon moi, ce regain d’intérêt est aussi lié à un mouvement plus global qui consiste à prendre soin de soi, à faire du sport, à manger sainement. Toutes les femmes ou presque ont à un moment ou à un autre pris des cours de danse, ce qui est tout de même moins barbant que de courir sur un tapis roulant et fait travailler le corps. Ca a contribué très probablement à remettre la danse à la mode.

A : Il est vrai que la danse peut avoir ce côté très statutaire et impressionnant. Pour autant, peut-être aussi parce qu’ils ont été plébiscités par les éditrices de mode et les mannequins, les cours de danse classique se multiplient tout en se démocratisant. Une bonne chose pour l’image de la danse ?

D.G. : Je pense que tout ce qui est fait pour démocratiser la danse et la rendre plus accessible est une excellente chose. Je trouve qu’il y a encore trop de barrières entre le grand public et la danse. Est-ce que lorsque l’on court sur un tapis on veut vouloir courir comme Usain Bolt qui fait des cent mètres ? Je trouve que les gens se mettent encore trop de barrières par rapport à la danse. Quand on joue au tennis, on ne veut pas nécessairement jouer comme Rafael Nadal, et quand on fait de la danse, évidemment qu’on ne veut pas ressembler à une danseuse étoile. Un danseur étoile travaille vingt ans pour en arriver là, et il en va de même pour tous les sportifs. Le principal dans l’exercice de tous ces sports est de se faire plaisir, sans se demander si on va être beau ou pas, sans se soucier du regard des autres.

A : Votre métier vous demande une discipline d’acier. Comment faites-vous pour travailler votre mental ?

D.G. : Ce n’est pas évident car contrairement à d’autres sportifs de haut niveau, nous ne sommes pas encadrés par des coachs. Si nous l’étions, nous serions peut-être plus performants, ou bien peut-être qu’il y aurait moins de blessures… Je pense qu’il est dans mon caractère d’être très positive, mais je sais aussi que je dois beaucoup travailler pour arriver à être bien. Je suis très exigeante avec moi-même, ce qui est une bonne chose, car cela me permet d’avancer et de progresser mais parfois c’est trop, il faut arriver à doser son effort, ce qui n’est pas simple. Par ailleurs, la danse est un sport de passion, ce qui est un moteur puissant. Quand j’avais seize ans et que j’ai perçu mon premier salaire de danseuse, je me souviens avoir dit à mes parents « C’est incroyable ! Je suis payée pour faire ce que j’aime ! ». Je dois vous avouer que je m’y suis habituée depuis (rires). Il n’en demeure pas moins qu’en faisant un travail qui est une passion, je n’ai pas le sentiment de me lever pour aller au travail le matin. Ensuite, comme je le disais, c’est l’exigence que l’on a envers soi qui est le baromètre de chacun, qui nous fait travailler trop ou pas assez, en fonction de sa personnalité et de ses envies.

A : A quoi tient ce côté fascinant que peut avoir la danseuse étoile ?

D.G. : Il me semble que dans l’imaginaire collectif, une danseuse étoile est une femme qui est dédiée totalement à la danse, n’a fait que ça et n’a que ça dans sa vie, qui généralement n’a pas d’enfant, qui a des problèmes avec la nourriture puisqu’elle doit rester très mince, qui travaille jusqu’à la douleur, la souffrance, etc. J’imagine que c’est cela qui fascine autant, on se dit « pour en arriver là elle a dû supporter tout ça ». Sauf que la réalité est un peu différente et je pense qu’il est important de le dire. Aujourd’hui, les danseuses peuvent avoir des enfants. Certes, la danse est leur passion mais elles n’ont pas que ça dans leur vie, on peut très bien être mince toute en mangeant normalement, sans aller s’empiffrer de crêpes au nutella mais sans se priver non plus… En résumé, on peut très bien être quelqu’un d’équilibré et y arriver quand même. Je pense que les gens se rendent compte qu’il y a énormément de travail pour arriver à faire ce qu’on fait, qu’il y a un profond respect qui crée une distance et nous place sur un piédestal. Je pense que c’est aussi pour cela que la danseuse étoile est aussi estimée. Il y a toute une mythologie, comme les bouts de verre dans les chaussons, les maîtres de ballet qui nous frappent avec des cannes -ce qui évidemment n’existe pas ! qui fait qu’ensuite le public nous voit sur scène se demande comment nous faisons pour supporter tout ça tout en étant beaux et souriants ! Ces légendes existent probablement parce que le milieu de la danse reste très opaque, il y a très peu d’information, très peu de documentaires sur le milieu de la danse et quand une fiction est réalisée, elle montre plutôt le côté souffrance de la danseuse qui correspond à ce que les gens s’attendent à voir. On préfère voir une danseuse qui souffre plutôt qu’un être équilibré et heureux qui paraîtrait trop normal ! Et quand la danse passe à la télévision, c’est très tard et/ou sur des chaînes impossibles. Enfin, pour assister à un ballet, aller au théâtre il faut disposer de certains moyens, même si les initiatives pour rendre l’opéra plus accessibles et notamment aux jeunes se multiplient. Les gens que je connais et qui aiment la danse viennent d’un certain milieu et sont tous des initiés. La danse reste quelque chose d’assez mystérieux et élitiste, sauf pour les gens issus d’une famille qui leur ont transmis cette valeur.

 A : A cela s’ajoute le fait qu’à votre niveau, vous êtes excessivement peu de personnes au monde à exercer ce métier, ce qui le rend d’autant plus mystérieux et exclusif.

D.G. : En effet, la danse est un microcosme.

A : Malgré tout, à vous entendre, il me semble que la figure de la danseuse étoile est en train d’évoluer, qu’elle perd progressivement ce côté piédestal pour gagner en humanité et être davantage associée à une joie de vivre et un certain bien être, et que c’est tant mieux.

D.G. : Absolument ! Et je suis très contente de ça. Je sais que certaines danseuses aiment beaucoup ce côté sombre, très « dark » de la danseuse et en jouent. Ce n’est ni ma personnalité ni mon caractère. Avant une danseuse étoile était exclusivement une danseuse étoile. Maintenant une danseuse étoile est aussi une femme. Et c’est cela qui fait toute la différence : elle va faire ses courses, elle a des enfants, elle a un mari, elle a une vie… bref, c’est une femme.

A : Qu’est-ce qui selon vous est à l’origine de ce changement ?

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D.G. : Je pense que c’est à la fois lié à un changement de la société et du milieu de la danse. Avant, si une danseuse étoile s’arrêtait un an pour faire un enfant, à son retour elle pouvait être mise au placard, ne plus avoir les rôles, les premières, parce que c’était mal vu. Brigitte Lefèvre, la directrice de la Danse a beaucoup contribué à cette évolution des mentalités. C’est une femme, donc elle nous comprenait très bien, et puis il y a eu plusieurs générations avant nous de danseuses étoiles qui ont eu des enfants et au fur à mesure c’est devenu moins tabou. Mais cela reste un changement très récent : les premières danseuses étoiles à avoir eu des enfants ont cinquante ans aujourd’hui, soit à peine vingt ans de plus que moi. Ces deux générations de danseuses nous ont ouvert la voie.

A : Votre grossesse a-t-elle remis certaines choses en perspective ?

D.G. : Complètement. Le curseur des choses graves se déplace, cela permet de prendre beaucoup de recul. Avant, une distribution qui ne me satisfaisait pas pouvait être dramatique. Aujourd’hui, ce qui serait dramatique serait que ma fille n’aille pas bien. C’est quelque chose dont on ne se rend compte que quand on l’a et qu’on a quelque chose de plus important à protéger. Quand on ne l’a pas et que le travail représente 70% de votre vie, on a beau se dire qu’il y a des choses plus importantes, ce n’est pas évident.

A : Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis l’arrivée de Benjamin Millepied ?

D.G. : Le suivi médical est le changement le plus radical, et c’est pour le mieux. Aujourd’hui, nous sommes très bien pris en charge et avons un médecin du sport disponible en permanence, ce qui n’était pas le cas avant. Un danseur blessé se retrouvait livré à lui-même et se sentait très vite exclu et isolé, en plus de la tristesse de la blessure. A présent tout est centralisé à l’Opéra, et les danseurs blessés sont très suivis, nous bénéficions d’un kiné qui nous suit en salle, nous donne des exercices pour ne pas perdre de muscles en dehors de l’endroit blessé et reprendre dans de bonnes conditions. Nous avons également des cours de pilates et de yoga, alors qu’avant, si on voulait en suivre, il fallait aller se rendre dans Paris et se les payer soi-même. Benjamin Millepied fait aussi venir beaucoup de fonds, il a réseau aux Etats-Unis, il est médiatisé, sa femme l’est encore davantage, et il arrive à réaliser de nombreux projets pour l’Opéra notamment au niveau de la santé. Ces aspects ont été une véritable révolution. C’est quelqu’un de très jeune, de très dynamique, qui fait aussi ses propres chorégraphies. Nous aimerions avoir plus de contact avec lui, notamment au niveau du studio, mais sommes ravis de son arrivée car il apporte ces changements de fond qui étaient vraiment nécessaires et contribue largement à la modernisation de l’Opéra de Paris.

A : On comprend de vous que Benjamin Millepied il investit énormément sur les gens. Cela semble naturel, pourtant c’est loin d’être le cas partout, on pense notamment, au-delà de l’Opéra, à de nombreuses entreprises françaises.

D.G. : Oui. Et les Etats-Unis sont beaucoup plus progressistes et plus développés que la France sur tous ces aspects. Les gens sont très encadrés, on veille à ce qu’ils aient tout ce dont ils ont besoin. Quand Benjamin est arrivé en France, il a halluciné. Tant mieux pour nous.

A : Que pensez-vous du changement radical de la communication de l’Opéra de Paris ?

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D.G. : C’est assez génial et c’est aussi grâce à Benjamin Millepied. La troisième scène, lancée le 15 Septembre, est une entité entièrement virtuelle dédiée à la collaboration avec des artistes invités. C’est extraordinaire. En outre, cela va dans le sens d’une plus grande accessibilité de la danse, en permettant d’ouvrir le ballet et le monde de l’opéra à un public qui n’aurait pas nécessairement l’occasion d’y aller.

A : Il y a aussi la création de Boris Charmatz, 20 danseurs pour le 20ème siècle, qui démarre dans quelques jours, dont le concept est de faire évoluer les danseurs dans tous les espaces de l’Opéra Garnier, sauf sur la scène. Cette modernisation de l’Opéra de Paris est-elle selon vous la signature de Benjamin Millepied ou la manifestation d’une tendance plus globale ?

D.G. : En tant que directeur d’une institution de l’Opéra de Paris, je pense qu’on se doit d’être au fait et au cœur des tendances émergentes. Dans le même temps, je pense qu’il est important pour Benjamin Millepied qu’il laisse son empreinte en tant que dépositaire de cette fonction, de part l’originalité de ses initiatives et leur caractère précurseur. Ce sera très valorisant pour lui de voir qu’une tendance a commencé à l’Opéra de Paris. Benjamin a une culture suffisamment grande pour avoir une culture de la danse qui lui permette d’apporter les courants de la danse de demain à l’Opéra.

A : Qu’est-ce que les réseaux sociaux apportent à la danse ?

D.G. : Cela permet aux gens de ne pas avoir à débourser soixante euros pour assister à un spectacle et cela leur apporte une partie de l’univers de la danse qui, peut-être, leur donnera envie d’approfondir. C’est une belle publicité pour la danse.

A : J’ai consulté votre compte Instagram. On y retrouve beaucoup des photos de votre fille, et pas mal de photos en commun avec James (Bort).

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D.G. : Oui, ça aide ! (Rires). Sur mon compte Instagram, je ne mets presque que ses photos. Il a réalisé les portraits de toutes les étoiles de l’opéra pour la rentrée. Je les ai toutes vues, c’est vraiment très beau et ce qui m’impressionne beaucoup est que l’on parvient réellement à ressentir le caractère de chacun.

A : On sent qu’il a posé sur vous un regard particulier, très doux, un peu comme une plume.

D.G. : C’est difficile pour moi d’être objective, mais je reconnais qu’il a une manière très belle de travailler la lumière, dans les portraits et en général.

A : Comment gérez-vous votre image sur les media sociaux ?

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D.G. : Pour que les réseaux sociaux restent une belle publicité, il faut qu’ils soient bien gérés. Je ne mettrais jamais sur Instagram des photos de mes pieds après huit heures d’entraînement. Cela ne sert à rien, si ce n’est à entretenir le mythe de la danseuse qui souffre alors que cela fait vingt ans que nous avons les pointes aux pieds et que nos pieds se sont habitués ! Certaines choses sont plus dures que d’autres, mais il en va de même pour les femmes qui portent des talons aux pieds et sont obligées de les supporter au quotidien. Je ne montre pas non plus trop ma vie privée, je choisis soigneusement ce que je poste et j’y réfléchis longtemps : j’ai besoin de préserver mon cocon et je tiens à garder une image chic et élégante.

A : Une question bonus : quel avenir souhaitez-vous à la danse ?

D.G. : Qu’elle continue à animer des passions. Que des gens soient portés par cette passion et qu’il puisse en faire leur vie comme moi je le fais, car vivre de sa passion est une chance incroyable. Je souhaite à la danse qu’elle continue d’allumer des flammes.

A : Il n’est pourtant pas donné à tous les artistes de continuer à rester passionnés avec le temps.

D.G. : Je pense que c’est fondamental, c’est ce qui fait que la flamme est toujours là et qu’elle ne s’éteint pas. Quand on commence à ne plus être passionné et que l’on fait ce métier par routine, on arrête de progresser, on arrête d’avoir envie. Surtout quand on a titre de danseur étoile : je pense qu’il est très important de garder cette flamme et cette envie. Ceci étant dit, il m’arrive parfois d’en avoir marre de la danse et ma grossesse, à ce titre, a énormément aidé. Je me suis arrêtée pendant presque un an et j’ai ressenti un grand manque, j’avais vraiment très envie d’y retourner. Ca m’a permis de retrouver une envie qui avec la fatigue et les ballets à répétition peut être un peu oubliée mais qui est toujours là, au fond.

A : Et à vous, que peut-on vous souhaiter ?

D.G. : Que ça continue comme ça, dans ma vie comme dans la danse !

(credits photos: james bort, insta dorothée gilbert, purepeople.com)

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