Nous avons eu la chance d’interviewer Olivier Roberdet, un des créateurs des enceintes intelligentes Prizm, fleuron des start-up Y !

Darkplanneur : « Peux-tu me raconter l’histoire de Prizm ? »

Olivier Roberdet : « Nous avons eu les premières idées durant l’été 2013. En tant qu’utilisateurs de plateformes de streaming telles que Deezer et Spotify depuis plusieurs années, nous avons constaté que la « chaine Hi-Fi » avait été remplacé par le smartphone. Cela implique de nombreuses contraintes d’usage. Le smartphone est un appareil personnel, mobile et avec une autonomie limitée qu’il faut nécessairement connecter à des enceintes pour profiter pleinement de la musique. Par ailleurs, malgré un abonnement d’environ 10E/mois nous écoutions souvent les même titres ou playlist en boucle alors que ce même abonnement nous permet d’accéder à 20 millions de titre ! Nous nous sommes rendu compte que découvrir de la musique nécessite un certain effort et du temps à consacrer. Nous avons donc imaginé une solution qui nous permettrait d’écouter, sur nos enceintes ou chaine Hi-Fi, de la musique qui nous plait en appuyant sur un seul bouton et qui serait autonome. Nous voulions quelque chose aussi simple à utiliser qu’une radio tout en tirant partie de la richesse des plateformes de streaming.

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D: « Prizm a fait le pari du financement participatif, avec un formidable succès chez Kickstarter ?

OR : « Oui. Nous avons « bootstrappé » le développement de Prizm depuis le début, avec peu de moyen. Cela veut dire que nous n’avons pas levé de fonds pour arriver jusqu’à un prototype fonctionnel. Cela a été possible grâce à notre équipe complémentaire qui rassemble toutes les compétences : ingénierie, design et marketing. La campagne de financement participatif nous a permis d’avoir une première réponse du marché avant de tenter de lever des fonds de manière plus traditionnelle. C’est avec cette « preuve de marché » que nous allons entamer une première levée de fonds auprès d’investisseurs. »

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D: « Les jeunes start-up françaises fuient-elles les banques traditionnelles pour financer leurs projets? »

OR : « Je ne pense pas que les start-up fuient les banques par conviction ou choix. C’est certainement le premier endroit où l’on va chercher des fonds. Le problème est que les banques prennent peu de risques et il est souvent difficile d’obtenir quoi que ce soit sans avoir de premiers clients » .

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D: « Prizm propose une expérience intelligente de la musique, une forme de « Luxification » du quotidien ? »

OR : « Aujourd’hui le principe de Prizm peut paraitre comme un luxe. Mais à y réfléchir de manière plus approfondie, l’usage que nous proposons est l’évolution logique des équipements audio. Nous sommes convaincus que notre innovation paraitra évidente dans un future très proche.

Lorsque vous allumez votre chaine Hi-Fi celle-ci se met à jouer le dernier morceau joué. Si vous allumez votre radio vous écouterez un flux national. Avec Prizm, vous appuyez sur un seul bouton et c’est un flux non seulement personnalisé qui est généré mais aussi fonction du contexte : ambiance, personnes présentes etc. »

D: « Prizm appartient-il à cette famille de start-up qui nourrisse l’Uberification des services ? »

OR : « Je ne pense pas. Prizm n’est pas qu’un service, c’est avant tout un objet. Ce n’est pas non plus un simple objet connecté mais un objet réellement intelligent. Prizm anticipe vos besoins, ce que vous voulez écouter. Prizm fait plutôt partie de la même famille que Nest, le thermostat intelligent qui apprend de vos habitudes pour régler la température automatiquement. »

D: « Quelle est votre proposition en terme de design? »

OR : « En terme de design nous avons voulu refléter à la fois la simplicité et l’intelligence. Il fallait s’éloigner du design tradi du boiter utile qu’on oublie, cela afin de ne pas être confondu avec un simple adaptateur bluetooth ou Wi-Fi. La pyramide donne un caractère mystérieux et futuriste au produit. D’un point de vue interface, nous avons souhaité casser les codes des équipements audio classiques (boutons Play, Pause et potentiomètre). Nous avons donc imaginé une interface simple qui laisse l’utilisateur exprimer une émotion plutôt qu’une action. Ainsi lorsqu’une musique est choisis par Prizm, l’utilisateur va soit aimer la musique ou pas. En appuyant sur le cœur, le titre courant sera ajouté à la bibliothèque de l’utilisateur. Un appuie sur la croix passera à autre chose. Ces interactions permettent à Prizm d’apprendre pour devenir de plus en plus pertinent. »

D: « Quel est le futur fantasmé de Prizm? »

OR : « Prizm permet aujourd’hui d’augmenter n’importe quel système audio en « jukebox intelligent ». Nous sommes réellement à un moment ou les équipements, de toutes gammes, sont en déphasage avec les modes de consommation. La chaine Hi-Fi acheté il y a 5 ou 10 ans quelques milliers d’euros dont la qualité sonore est excellente est laissée à l’abandon car nous n’achetons plus de CD et de moins en moins de MP3 au profit du streaming. Prizm donne une seconde vie à ces équipements mais aussi à des enceintes plus modestes. Demain la technologie Prizm pourrait être intégrée dans des équipements audio de nouvelle génération, dans les voitures ou même les lieux publics. »

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Directeur Planning Stratégique Directeur de la chaire luxe chez Moda Domani Intitute Co-auteur de la Génération Y et le Luxe (2014, Dunod) et Buzz Marketing (2002, Eyrolles) Curateur des Rencontres du Luxe de M Publicité

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