Elle recouvre les murs de Paris, on ne peut rater la dernière campagne marque de l’enseigne SEPHORA, nous sommes allés interviés Florence Bellisson, Directrice de Création de BETC.

Darkplanneur : « La grande ambition de cette nouvelle campagne marque Sephora est de retranscrire l’expérience magasin, quel a été votre
processus créatif ? »
 
Florence Belisson : « Sephora est un distributeur qui abrite quasi toutes les marques de beauté venues de l’univers sélectif, ainsi que des acteurs  indépendants. Chacun y offrent leur vision de « LA Beauté », leurs images.
Sephora n’est pas encore une marque aux yeux des consommateurs. C’est l’ambition de cette campagne : dévoiler cette fois ce que propose la marque Sephora, exprimer sa personnalité au travers de ses propres images. 
Nous avons, au début de notre travail, écouté des consommatrices du monde entier, elles traduisent toutes une excitation, elles sentent une énergie positive sur la beauté, du plaisir, elles sentent un potentiel beauté grandir en magasin, elles craquent. Ces insights ont été notre point de départ. »
 
 
D : « Comment qualifiez-vous l’experience Sephora ? »
 
FB : « Sephora est un lieu vivant : on peut toucher, sentir, tester, sans être en faute ou avoir à demander poliment. On s’y fait maquiller, manucurer, ou simplement conseiller. C’est à la fois un lieu où l’on aspire à quelque chose, qui fait rêver, tout en étant très accessible;
Une femme chez Sephora dépense généralement plus que ce qu’elle avait prévu, elle craque.
Là où d’autres enseignes sont dans un rapport plus fonctionnel à la beauté, Sephora réveille le potentiel beauté de chaque femme avec énergie et plaisir, et cela passe par cette expérience magasin si particulière. »
 
 
D : « Vous avez donc décidé de créer un nouveau langage, tant visuel que linguistique, dites-nous en plus ? Quelles ont été vos inspirations ? »
 
FB : « L’expérience Sephora fait vibrer, elle excite. Formellement, l’effet de duplication de la photo donne une puissance, elle est sans limite; la femme est au cœur, sa démesure nous attire. En tant que femme on se perçoit plus grande, plus belle, plus hypnotique.
Chercher à définir une émotion dans les mots ce n’est souvent pas au niveau de ce qu’on veut faire passer.
Nous avons voulu donner le « goût » de l’effet Sephora sur les femmes. 
Les mots valises nous ont donné pour cela plus de liberté, de créativité, d’irreverance.
Certains mots comme « glamourisme » ont leurs « lettres de noblesse » suggérant un mouvement artistique,
d’autres mots comme « bombassitude » sont plus punchy, plus directs. Nous avons trouvé intéressant de diversifier les registres; Cela reflète toutes les beautés possibles chez Sephora. »
 
 
D  : « La vision proposée est psychédélique…sous LSD, c’est le triomphe d’une relation d’addictive et festive à la Beauté ? »
 
FB : « Tout à fait c’est la consécration d’une relation à la beauté décomplexée, joyeuse, festive.  Face aux diktats qui pèsent sur les femmes en la matière, c’est l’avénement d’un rapport libéré à la beauté où seul le plaisir, le jeu et le bien être de chaque femme comptent. Cette campagne est un cri lancé aux femmes pour qu’elles prennent conscience de leur puissance, de leur versatilité, de leur pouvoir sous un angle fun et glamour. « 
 
 
D :  » Quelle est la vision de la Beauté proposée par Sephora ?  Aux Etats Unis, Sephora aime dire qu’elle veut apporter de l’Intelligence à la Beauté, votre campagne est-elle dans cette lignée ? »
 
FB : « Cette campagne est destinée à la France, elle vit aussi dans d’autres pays d’Europe, au Moyen 0rient, sous une phrase commune  » Sephora. Where beauty beats ». Les Etats-Unis sont un marché indépendant, et gèrent leur propre communication.
Sephora distribue les marques qui se battent sur la vision de la beauté. Nous avons voulu pointer sa force à elle : c’est le terrain de jeu libre et excitant des femmes. L’endroit où elles ont tout sous la main pour faire vivre leur beauté, s’exprimer …  Nous faisons appel aux sens, à la fantaisie, aux émotions en priorité plus qu’à l’intelligence. »
 
 

3 COMMENTS

  1. la « sublimitude » rappelle instantanément une certaine Ségolène R., et sa fameuse « bravitude » qui l’avait (dé)classée illico-presto. Cette campagne manque de classe, elle suggère que la beauté dépend de la quantité de matière ajoutée sur la tronche (!) façon MTV.L’on pouvait attendre de l’élégance, une impulsion galmour, plus de subtilité.

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