20 citations clés d’INFLUENCIA N°2: LE LUXE (Lipovetsky, Jamet, Vivier, Galienni…)

L'équipe d'Isabelle Musnik, vient de sortir le numéro 2, d'Influencia la revue. Au programme, une pensée collective et puissante sur les valeurs du Luxe en 2012. Nous avons eu la chance, d'y poser une pierre ( avec la complicité de Gregory Casper), avec une réflexion autour de la Politique & du Luxe, intitulée "A quand un programme Louis Vuitton pour la France". Nous vous proposons aujourd'hui, 20 citations clés tirées de l'ouvrage...indispensable !

"Un visage humain (et inhumain)" par Dominique Cuvillier:

 « Lors de la présidentielle, la stigmatisation des riches à mis en exergue cette particularité bien française d’un luxe de parade jugé trivial lorsqu’il s’étale et acceptable lorsqu’il ne se voit pas ! C’est Louis Vuitton contre Hermès. [...] La première serait l’emblème d’un luxe inhumain manipulé par un capitalisme froid, et la seconde, la figure de proue d’un luxe incarné dont les artisans passionnés en façonne les contours. »

 

"De l’ombre à la lumière" par Lydie Valentin:

« Raconter, rencontrer, rassembler : telles sont les postures de communication adoptées en mode clair-obscur par les maisons et les marques de luxe, face à l’exigence de transparence de leurs aficionados et des consommateurs mués en amateurs éclairés. »

« Cette volonté à rassembler ne pourrait évoluer de la sorte si les possibilités d’interaction offertes sur internet n’évoluaient pas de pair – [...] Le succès grandissant de Pinterest ne fait qu’accompagner cette capacité et ce désir des marques et des maisons de luxe non plus seulement de (se) raconter, mais également de (faire) rencontrer leurs consommateurs et leurs artisans avec leurs consommateurs, et, surtout, à interagir avec ces derniers par le biais de partages de photographies, de visuels ou de vidéos. »

 

"Et si le vrai luxe était l’intimité ?" par Alexis Botaya:

« L’intimité et la confidentialité, biens rares dans un monde ou les vies s’étalent sur les réseaux sociaux, étaient sur le point de devenir des privilèges réservés à une élite. Une forme de luxe. Hypothèse renforcée par l’arrivée de nombreuses innovations qui permettent de s’extraire du regard des autres ou de s’isoler pour s’échapper à la foule.»

 

" Les voyages de luxe sont confidentiels" par Evelyne Dreyfus:

 « Le luxe le plus tendance est un ‘art de vivre personnalisé qui, à la fois peut nourrir intellectuellement et permet de se retrouver comme chez soi avec un véritable service hôtelier. Pour couper avec la vie agitée et profiter de ses proches sans aucune contrainte. »

« Ce qui est recherché, c’est ce qui combine l’authenticité, la confidentialité et la découverte. [...] Le sur-mesure et la confidentialité, c’est la haute-couture du voyage. »

 

"Le luxe socialise ses médias" par Emmanuel Vivier:

 « Au final, après 15 années d’existence d’Internet, une grande majorité des sites de grandes marques de luxe ressemble encore trop souvent à un ‘brochureware’. Une déclinaison léchée mais très ‘top down’ de leur marketing offline. [...] Certains perdant au passage la bataille des données consommateurs au profit des retailers (par exemple Sephora) ou de pure players comme Ventes Privées. »

 

"Le luxe éveille les sens de l’internaute" par Karima Benamer:

 « Il semblerait que le monde digital soit en marche vers la révolution sensorielle. Une révolution pacifique ayant pour mission de combler un manque crucial pour les grandes marques de luxe. »

 « Une innovation sensorielle dont l’univers du luxe pourrait s’enticher pour expérimenter le toucher de ses matières premières, du produit fini ou exprimer un sentiment avec ses fans. »

 

"De l’ombre à la lumière" par Lydie Valentin:

« L’évolution des postures communicationnelles des marques et des maisons de luxe semble ainsi être liée avec celles de leurs consommateurs – de plus en plus actifs, réactifs et créatifs, ceux-ci ne pouvaient que prétendre à se muer en acteurs. [...] Le luxe prend le parti de la lumière... Et rend de la sorte hommage à sa propre étymologie. En mode clair-obscur. »

 

"Et si le vrai luxe était l’intimité ?" par Alexis Botaya:

« Si le luxe de l’intimité devient un savoir faire, la capacité à pouvoir disparaître aussi bien dans l’espace que dans le temps deviendra alors un véritable privilège. [...] Se cacher, disparaître pour un temps, jouer avec son intimité en choisissant de l’exposer pour la retirer, de la livrer quand on le souhaite, bref, savoir gérer cette ‘intimité publique’ : voilà le nouveau luxe. »

 

Gilles Lipovetsky:
"Nous sommes entrés dans l'âge de l'individualisation du luxe, qui marque à bien des égards une rupture avec la logique de la distinction sociale théorisée par la sociologue Thorstein Veblen et reprise ensuite par Bourdieu."
 
"Ce qu'on achète dorénavant c'est un style de vie, ce qui nous distingue et nous met en valeur personnellement et non plus seulement socialement. Mais aussi l'inattendu du mythique, l'expérientiel de haute qualité. [...] D'où aussi la nouvelle "sécurisation" psychologique et identitaire qu'apportent les grandes marques. C'est la chance des marques."
 

"Diabolus in Luxuria" par Thomas Jamet :

" C'est dans cette conversation entre étrangeté, primitivité, érotisme et violence que renaît l'orgasme, qui possède au fond quelque chose de profondément religieux au sens ou l'entendait Durkheim en parlant de divin social. C'est ce sentiment que l'on voit renaître dans le luxe et ses consommations excessives. Les communications de Dolce&Gabbana nous renvoient aux images de l'orgie et du sacré, tout comme le porno chic, qui bien qu'abandonné par les marques a finalement fait ressortir ce qui est structurel et instinctivement inscrit dans les codes d'une industrie."
 
"Anna Wintour, la rédactrice en chef mythique de Vogue n'a-t-elle pas directement inspiré le personnage du livre "le Diable s'habille en Prada" car elle a tout du démiurge, du créateur absolu, de l'artiste suprême ? Plus puissante que Michael Jackson, elle influe depuis 20 ans sur notre vie au quotidien."
 
 "Bienvenue dans l'air du Populuxe" par Stephane Galienni :
 
"Lanvin a su envoyer un message fort : la marque entend rompre avec la sinistrose ambiante du secteur en offrant la vision du luxe "décomplexé" qui prône l'éclectisme et le métissage des genres, davantage festif et fédérateur."
 
"La fin de la fête ? Pas vraiment. L'occasion même pour certains de se dédouaner d'un snobisme bourgeois qui, en cette période d'austérité, n'incarne plus vraiment l'avant-gardisme qu'on serait en droit d'attendre d'une maison de luxe dans l'air du temps, ouverte sur le monde, axée sur l'innovation technologique et l'échange d'expériences sociales."
 
"En vérité, le véritable enjeu qui se trame sur l'échiquier mondial, via le digital, c'est le grand écart qui oppose l'image de prestige que reflète le luxe, à sa réalité de consommation de masse. Cette clientèle masstige ce compte par millions sur ces nouveaux carrefours d'audience, de Facebook à YouTube, sans parler de la blogosphère, Google et de Twitter. Une vox populi 2.0 capable de renverser à tout instant un empire installé depuis plusieurs siècles. La nouvelle authenticité du luxe passe alors par la proximité et l'empathie, la transparence et l'éthique des marques."
 
"Si l'on peut dire qu'il existe autant de luxes qu'il y a de classes sociales, de l'hyper-luxe au luxe de masse, le populuxe constitue un champ exploratoire pour un secteur en pleine mutation, l'antichambre de l'entre deux-mondes : de la tradition à la modernité, d'une génération à l'autre, de l'ouest à l'est, des initiés aux néophytes. la rencontre formidable et interdite du profane et du sacré induite dans le populuxe est transgressive, donc fantasmagorique."
 

 

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A propos de l'auteur :

Directeur du Planning Stratégique de Publicis EtNous Créateur du site Darkplanneur (2005) Animateur de l'émission Le Cabinet des Curiosités
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