Encore Magazine est un de nos dernier coup de coeur média, une ode à l’esprit d’entreprendre en France. Interview très Stratégique avec sa créatrice : Maude Ouvrard.

Darkplanneur : « Quel est le concept du MOC « Encore » ? Le contrat de lecture ? »

Marie Courroy : « Encore a pour but de mettre en avant ceux qui font, ceux qui ont choisi de faire de leur passion leur métier, ceux qui prennent des risques, ceux qui voient le travail comme une source d’épanouissement possible. Ils sont entrepreneurs, artisans, créatifs, innovateurs ou à la tête des start-up du moment.

Il s’agit de montrer que l’on vit à une époque et dans un pays où tout est possible, où chacun est libre de créer son propre chemin sans suivre une trajectoire imposée.

A l’heure d’internet, du crowdfunding, des incubateurs et des reconversions à tout âge, le champs des possibles est infini à celui passionné et travailleur.

L’idée n’est pas de dire que tout le monde peut être entrepreneur mais je pense qu’il est important de montrer que si l’on veut se lancer, il y a des possibilités. »

Darkplanneur : « Un objet artisanal d’un nouveau genre d’après vous ? »

Marie Courroy : «  La dimension d’objet est très importante car à l’heure du tout digital, j’avais une réelle volonté de proposer un objet éditorial que l’on s’approprie de manière différente, qui laisse plus de place au texte, aux images, aux illustrations…

Ensuite, le côté « artisanal » vient du fait d’avoir lancé Encore en toute indépendance via ma société de production de contenus que je développe depuis 7 ans. Tous les collaborateurs se sont mobilisés pour pouvoir aller au bout de ce projet. Nous avons aussi fait une campagne de crowdfunding sur KKBB pour financer l’impression de ce premier numéro en impliquant les lecteurs. Tout a été fabriqué pas à pas et a nécessité une implication totale à chaque étape du processus, de la conception à la distribution. »

Darkplanneur: « Pourquoi « Encore » ?

Marie Courroy :  » Après des mois à chercher LE nom, j’ai réécouté le morceau de Jay Z «Encore » dans lequel il dit « Can I get an encore, do you want more ». Encore est « le rappel » en anglais. Je me suis dit que ça correspondait bien à ce dont on parle : en vouloir PLUS. Et c’est aussi une dédicace à mon premier job dans une chaîne musicale (Trace Urban). »

Darkplanneur : « Quelle est son histoire et votre histoire ? »

Marie Courroy:  » Mon histoire et celle d’Encore sont étroitement liées ! Je vais commencer par moi car c’est de la que découle ce projet. Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Mes parents ont repris la forge familiale et développé l’entreprise du village jusqu’à aujourd’hui réunir plus de 200 salariés dans 3 sociétés (dans le bâtiment). Quand on voit cette évolution, ça donne envie… mais pas tout de suite ! Je suis devenue journaliste et j’ai tout de suite intégré la chaine Trace Urban après mon diplôme. J’y suis restée presque 5 ans en tant que journaliste puis directrice de la rédaction. J’ai démissionné en 2008 pour « monter ma boite » Goodlife Productions. Depuis je produis du contenu éditorial à destination de médias et d’entreprises. Et il y a 2 ans j’ai eu l’envie de développer un projet plus global et observant les mutations de notre génération, les entrepreneurs et créatifs qui m’entouraient, j’ai rapidement senti que c’était dans cette direction que je voulais aller et que c’était ce que je voulais montrer. Je suis passionné par les histoires des uns et des autres et j’aime par dessus tout l’exercice de l’interview donc j’ai commencé par interviewer un ami d’ami. Puis tout s’est enchainé. J’ai lancé le site en Mai 2014 en décidant de développer ce projet en parallèle de mes autres activités de production. »

Darkplanneur : « histoires inspirantes d’une génération culottée », pouvez vous nous expliquer cette signature, en particulier son encrage générationnelle ? »

Marie Courroy: » On parle de génération c’est vrai, car on met principalement en avant les 20-40 ans. De ceux qui ont connu le débuts d’internet à 20 ans (nés fin des années 70-début 80) jusqu’aux jeunes de 20 ans aujourd’hui qui sont presque nés avec un smartphone dans la poche.

Notre point commun est que nous avons tous grandi en entendant les mots « chômage » et « retraite à 80 ans », ça nous a obligé à trouver des solutions, à envisager de créer nos propres emplois sans attendre que l’on ne nous en donne.

Bien sûr, internet et l’explosion des réseaux sociaux ont multipliés les possibilités de connaissances, d’interactions et d’actions. »

Darkplanneur : « Il y a une majorité d’entrepreneurs gen y dans Encore, quels sont leurs spécificités, plus entrepreneurs que les Z ou Boomers, et leurs petits frères ? »

Marie Courroy : «  L’idée est de montrer qu’il n’y a justement pas de spécificité entre les Y, les Z ou les boomers même si l’approche de la vie est évidement différente. Les Z sont nés avec les nouvelles technologies tandis que les Y ont grandi sans internet et téléphones portable, tout comme les boomers bien évidemment.

Finalement, on ne parlera peut-être plus de génération dans quelques mois puisqu’aujourd’hui les possibilités se sont déjà étendues et nos parents remettent aussi en question leur propre modèle.

 Darkplanneur : « Quel est l’image de l’entrepreneur en 2016 ? »

Marie Courroy :  » J’ai l’impression que l’image de l’entrepreneur a changé ces dernières années. Il paraît peut être plus jeune, plus « cool » et donc plus sexy. Avant les ados rêvaient d’être chanteur ou comédienne maintenant, ils rêvent aussi d’être le Zuckerberg ou le Steve Jobs de demain… Entreprendre au sens premier du terme met en valeur l’action de faire, de lancer un projet quel qu’il soit (business ou pas), et aujourd’hui les fins ne sont pas forcément liées à l’argent ou au confort matériel mais aussi à l’épanouissement personnel ou à l’engagement pour une cause par exemple. »

Darkplanneur : « Entreprendre c’est la Liberté ? »

Marie Courroy:  » C’est vrai qu’entreprendre apporte une liberté de pensée et d’action. On est libre de travailler où l’on veut, de choisir ses collègues ou associés et de moduler son emploi du temps à notre convenance. Mais ça apporte également son lot de contraintes comme dans tout engagement, même s’il est d’abord envers soi-même. »

Darkplanneur : « On a vu apparaître beaucoup de MOC depuis trois ans ? Ont-il trouvé leurs places ? Ont-ils survécu ? Quel est le bon business model pour un MOC ? »

Marie Courroy : «  Oui, de plus en plus de titres apparaissent sur ce modèle notamment en français comparativement à la presse indépendante en anglais déjà très développée sous cette forme. Des revues comme XXI, 6 mois ou Schnock connaissent un beau succès. Les distributeurs, kiosquiers et libraires sont de plus en nombreux à mettre en avant cette presse, ça laisse imaginer de belles choses même si les titres vont et viennent. La mise en place d’un titre demande beaucoup de patience, de persévérance et un très bonne ligne édito bien sûr.

Je réfléchis encore au bon buisiness model ! Je pense qu’il s’agit de trouver le bon équilibre entre le papier et le digital et proposer un contenu qui puisse attirer aussi bien les lecteurs que les annonceurs sans qui, il est compliqué de se développer. De notre côté, on teste des choses, on verra dans quelques mois si notre « business model » s’avère être bon ! »

Le Site Encore Magazine

 

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